# pensées de Tom #
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Je m'habille, me maquille, me coiffe comme d'habitude. Tout n'est qu'apparences. Ça me prend bien une heure et demi en tout mais je ne veux pas que des regards pitiés se posent sur moi. Non. Tout sauf ça. Je met une dernière touche d'eyeliner pour perfectionner mon image lorsque j'entend des cris dans le couloirs.
- Gustav ! Georg !
C'est Tom. Au son de sa voix mon c½ur se reserre. Il me manque tellement... Je colle mon oreille à la porte pour écouter leur conversation.
- Bill ! Bill, il... Il est rentré ? (Tom)
- Oui, il est rentré tout à l'heure. (Gustav)
- Il est où ?!
- Dans la salle de bain... Mais laisses lui un peu de temps.
Sans que je m'y attende la porte sur laquelle je m'appuie se met à trembler. Il tape dessus en hurlant mon nom. Il est si... impulsif, que ça en ferait presque peur. Je refoule mes larmes et tente de me calmer. J'inspire un grand coup et ouvre la porte le plus sereinement possible. Il a cessé tout mouvement et me fixe comme si j'étais une hallucination. Il pensait que j'allais l'éviter pendant un moment, certainement. Il est pâle et son visage est déjà humide de tristesse.
- Bill, murmure t-il.
- Salut Tom.
Je lutte contre ce sentiment étrange qui m'envahi. De l'amour ? Non. C'est finit, plus d'amour. Plus jamais. Des larmes coulent sur mon c½ur mais je donne tout pour qu'elles n'apparaissent pas sur mes joues. Je le regarde comme avant, comme s'il ne s'était rien passer, comme si tout était normal. Je hurle dans ma tête et j'essaye d'être convainquant. Ça marche, il me semble.
- Je... J'ai besoin de te parler, me dit-il.
- Vas y je t'en prie.
- Je suis désolé, si tu savais ! Je n'étais pas moi, j'étais... envahi par ce sentiment de vengeance... Je t'en voulais tellement alors que je ne savais rien..., continue t'il. J'ai été con et je sais que tu m'en veux énormément... Mais, laisses moi une chance de réparer mes erreurs... S'il te plait !
- J'ai besoin de temps, Tom.
Mes mots sont naturels, presque comme si j'avais dit « Bonjour » ou « Ça va ». Il ne faut pas qu'il sache que je souffre encore, que je souffre chaque jour un peu plus. Je veux qu'il lise de l'indifférence dans mes yeux.
- Tout le temps... Tout le temps que tu veux. Je t'aime. (Tom)
Bien sûr. Il me l'a dit ça aussi, à peine un jour avant de se taper Andreas. Je ne sais pas si c'est avant tout l'envie de vengeance ou le dégoût de savoir ce qu'il m'a fait, mais je lui adresse un grand sourire moqueur. Le genre de sourire qui vous fait mal, bien plus mal que de simple mot. Le genre de sourire qui veut dire « Ça c'est dommage. Au fait, tu fais vraiment pitié ! ». Je le regarde une dernière fois et lui dis :
- J'aurais du mal à redevenir ton frère mais promis... J'essayerai.
Un nouveau sourire blessant et j'entre dans MA chambre. Je jette négligemment dans le couloir ses affaires qu'il avait apporté ici et m'enferme à l'intérieur. Je m'assois sur la moquette et enfonce ma tête dans mes mains. C'est tellement pas moi tout ça ! Je lui fais mal, très mal. Mais je crois que aujourd'hui, c'est le seul moyen de me faire en quelque sorte du bien. Ça me soulage. Je me dis qu'à force de le faire souffrir, il sera peut être aussi mal que moi... Et ce jour là, on sera quitte.
- Bill, On part ! (Georg)
- J'arrive.
Je traîne mes valises jusque dans l'entrée où le chauffeur m'attend. Il les prend et je sors pour rejoindre les autres qui sont déjà installés. Ça y est les vacances sont finis. C'est clair que ce n'était pas exactement ce que j'avais imaginé... Je me revois encore ici, à caresser discrètement les doigts de Tom en jubilant sur la semaine qui s'offrait à nous.
- Hé les mecs, on va à Berlin ce soir !, dis Georg dans un semblant de gaieté.
Si tu savais comme c'est inutile... Berlin, Paris ou même Tokyo. À quoi bon ? Je me sens plus vide que jamais.
- C'est quoi le programme ?, je demande, blasé.
- On a une émission demain soir et un concert en fin de semaine. Et à en croire David, « des tonnes de choses en retard à causes des vacances »... (Gustav)
- Mouais...
Je branche mon I-pod et joue l'indifférent. Tom ne dit pas un mot. Il est si proche et loin de moi à la fois. Je sais exactement ce qu'il ressent et ce qu'il pense. Avant c'était une force mais aujourd'hui je viens d'en faire pour la première fois une faiblesse. Je camoufle mes sentiments et feint de ne pas m'intéresser aux siens. Tout est tellement faux. Il est derrière moi à côté de Gustav. Je ne le touche pas et pourtant je sais son c½ur qui bat la chamade dans sa poitrine. Je sais qu'il se retient de craquer. De me toucher, de m'embrasser, de me supplier de lui pardonner et de me dire que je suis tout pour lui. Je le sais mais c'est plus fort que moi. J'ai encore cette image de lui et Andreas. Je les revoit et les entends sans cesse. Comme s'ils recommençaient encore et encore. Ça me hante sûrement autant que l'image de cette fille avec moi le hantait.
Mais là c'est différent, non ? Si, c'est différent. Tout est différent, j'en suis sûr.
- Bill ? (Georg)
- Hm..
- Bill, on est arrivé, dit Georg en me secouant légèrement.
- Oui. Je viens.
Je me lève et sort sans même gratifier un regard au portier qui referme derrière moi. Je prend ma clé et monte directement dans la chambre. Je n'ai pas faim ce soir. Je n'ai plus faim le soir.
J'entre et m'effondre sur le lit. C'est trop dur. Rien qu'une journée et j'en peux déjà plus de faire comme si je l'aimais pas alors que je ne rêve que de le prendre dans mes bras. Le prendre dans mes bras et le serrer très fort, tellement fort qu'on ne se perdra plus jamais... Je pleure comme je n'ai jamais pleuré pour quelqu'un que j'aime comme je n'ai jamais aimé. J'essuie mon visage de mes mains et vois mes larmes mélangées à cette poudre noire couler entre mes doigts. Putain de maquillage. À ce rythme je suis bon pour en racheter toutes les semaines. Je me sépare de ma veste et de mes chaussures et me glisse dans les draps froids encore habillé. Mes pleurs s'intensifient lorsque quelqu'un frappe à ma porte.
- C'est qui ?, j'articule.
- Gustav. Ouvres-moi.
- Deux secondes, j'arrive.
J'attrape un mouchoir et me le passe vite fait sur le visage. J'attache mes cheveux qui sont devenus difformes à cause du gel encore présent et vais ouvrir la porte.
- Salut.
- Salut... Tu sais Bill, je ne devrai pas me mêler de ce qui me regarde pas mais-
- Alors ne t'en mêles pas !
- Tom ne va pas mieux que toi Bill. Je sais enfin je comprend ton comportement mais sois pas aussi dur... Il t'aime quand même.
- Je... Je ne suis pas prêt à lui pardonner. Ni aujourd'hui, ni demain.
- Bill...
- Il fallait y penser avant ! Maintenant j'aimerai être tranquille.
- Oui, d'accord-
Je lui claque la porte au nez avant qu'il ai le temps de finir. J'en ai marre qu'ils s'inquiètent tous pour moi et qu'ils se sentent obliger de me donner leurs conseils pourris ! Personne ne peut me comprendre, personne ne peut m'aider... Je veux juste être seul. Je me dirige vers mon lit alors que quelqu'un frappe à nouveau.
- QUOI, ENCORE ?!, je crie.
- C'est pour les bagages.
- Ah.
J'ouvre la porte. Il entre et dépose mes bagages au milieu de la pièce. Il se retourne et me lance un « Voilà Monsieur ». Je sais ce qu'il attend mais là, à vrai dire, j'en ai rien à battre. Je lui indique d'un mouvement de main de sortir mais il me tend quelque chose.
- On a déposé ceci à l'accueil pour vous, Monsieur.
- Merci.
Je le lui prend des mains et il sort enfin de ma chambre. Il n'y a rien marqué sur l'enveloppe. Je l'ouvre avec un peu d'appréhension. Il n'y a qu'une personne qui a pu me déposer une lettre à mon hôtel. Une seule personne qui ne peut pas me parler directement et une seule écriture que j'aimerai voir apparaître. Mes doigts tremblants déplient le papier et mes yeux lisent rapidement les quelques mots. Je m'allonge sur le lit en respirant la feuille, cherchant à absorber la moindre particule de lui. Mes paupières se ferment et je repasse sans arrêt le message dans ma tête.
Voilàààà ! je trouve que j'ai fait long ! (c'est marant j'ai l'impression de dire tout le temps ça --") ça mérite plein de coms ^^ lool
Bisous <3 à tout(e)s.
